2009 03 - Un week-end animé parmi d'autres

Un week-end (animé) à la Maison Saint Nicolas, en ce mois de mars 2009

 

 

Samedi 9h du matin. Les pionniers de la 7253° Unité St Pierre et Paul, (hum, les plus matinaux) ont déjà envahi la cuisine de la Maison Saint -Nicolas avec Sakina Kouhmane tandis que son mari, Belaîd (pour info : Président de la mosquée de NOH) achève les achats aux abattoirs de Bruxelles avec un des leurs (pi). Ils épluchent ensemble les légumes qui agrémenteront le couscous géant qui sera servi ce soir.

10h30 à 14h, je monte à l’étage, dans le local surnommé « la petite classe », avec le petit groupe de femmes qui y suit la formation (« Le mystère de la sexualité à la lumière de la foi chrétienne et des sciences humaines ») dans le cadre de l’Ecole vie-amour.be, et prolonge avec une d’entre elles pour un accompagnement plus personnel .

Vers 11h arrivent les jeunes filles rwandaises (une vingtaine) qui répètent chaque samedi dans notre grande salle, des danses traditionnelles de leur pays. Devant l’encombrement de l’espace par les tables dressées par les pionniers, elles modifieront avec sérénité leur programme.

 

Entre temps, l’animation grandit dans la cuisine et l’auberge, avec le renfort d’autres pionniers ainsi que la maman et le papa de Towfik et Belaid arrivés sur les lieux. Tout beau de voir cette belle collaboration belgo-marocaine autour des jeunes.

 

L’agitation monte dans la maison qui se transforme soudain en souk marocain : d’immenses draperies sont punaisées au plafond et traversent notre grande salle de part en part. D’autres déco typiquement marocaines donnent à notre salle communautaire un cachet inédit et particulièrement chaleureux. Les bougies sur la table ajoutent une note exotique supplémentaire. Entre temps arrive Amina, artiste marocaine de notre quartier, qui vient suspendre derrière le podium improvisé, une magnifique fresque de ses mains, évoquant un costume de fête du Maroc. Une femme africaine, venue se recueillir à l’oratoire, rebrousse chemin en découvrant la joyeuse agitation dans la salle.

 

17h : une petite dizaine d’adolescents proches de la famille spirituelle –fondée par une belge Mère Julia- appelée  l’« Oeuvre » accompagnés par un prêtre, viennent adorer le Saint Sacrement dans notre oratoire, comme ils le font chaque mois. Arriveront-ils à se concentrer avec le brouhaha de la salle ?

 

19h : Début de la soirée Meknès. Arrivée des premiers convives. Branle-bas de combat  à la cuisine. 80 assiettes de couscous ont été réservées mais l’équipe cuisine a préparé 160 couverts ! Ce sera encore trop peu pour rassasier les quelque 180 convives de tous âges, venus partager cette agréable soirée. Divers talents musicaux agrémenteront la soirée. Le témoignage au micro d’un jeune marocain, taoufik (NB pour Stéphane : mari de ta collègue Nadia, également présente) pilier de la mosquée de NOH, touchera beaucoup les jeunes : il les invitera à voir l’avenir non pas en terme de choc des civilisations mais de rendez-vous des civilisations. Il s’est dit touché de voir des jeunes du quartier partir dans son pays pour un projet humanitaire et de savoir qu’à travers ce contact, ils comprendront sans doute mieux les marocains d’ici. Puis, ce sera à Amina de présenter devant tous sa toile « aux couleurs du Maroc » et de laisser sa petite fille présenter en quelques mots les caractéristiques de la ville de Meknès où se rendront les pionniers, émus par ces marques d’encouragements et d’amitié. Que du bonheur…

Il est 2h du matin quand nous quittons les lieux rangés et nettoyés par Albert (tellement heureux d’avoir aidé les jeunes) et l’équipe des plus résistants des pionniers (très heureux de la soirée …et du bénéf : 1.600 EUR !).

Dimanche 15h, alors qu’une petite équipe de jeunes achève le nettoyage, Yves, membre de la Fraternité Saint- Nicolas, anime un exposé sur Saint Paul « dans la petite classe » pour une petite dizaine d’entre nous.

A 16h, nous partageons le goûter avec Marie-Dominique et sa fille (très) handicapée Claire, en fauteuil roulant. Claire (25 ans), est très priante et aimerait vivre avec nous dans le béguinage, à côté de l’église Saint-Nicolas. Sa maman (qui arrive à décoder via mouvements de la main et des yeux) ce que sa fille pense, souffre de la voir dans un milieu médicalisé si peu sensible à la dimension spirituelle des handicapés.  

Patrick, fils de Godelieve, passera s’attabler avec nous.

 

A 18h, arrivée d’une dizaine d’hommes (dont certains venus du Nord de la France !) de l’association D.U.E.C. (fraternité chrétienne de personnes concernées par l’homosexualité) pour leur réunion mensuelle à la Maison saint Nicolas. Ils se réuniront dans l’oratoire, puis dans « la petite classe » avant d’achever par un repas convivial où je les retrouverai pour le partage du dessert.

 

Il est 22h. La Maison Saint-Nicolas retrouve son calme. Pourtant, en entrant dans l’oratoire pour y prier , je découvre encore Xavier, jeune adulte voisin qui souffre d’autisme, en prière dans notre oratoire.

 

Je remets à Dieu tous les visages qui ont habités et animés notre maison communautaire ce week-end en Le priant de nous bénir tous et de faire reposer sa paix sur notre quartier

 

La « vie ordinaire » de la Maison Saint Nicolas a repris depuis lundi. Messe du matin avec une dizaine de fidèles suivie de la neuvaine à Saint Joseph, puis de la prière des mamans. Quelques passages sans doute la journée pour l’un ou l’autre priant venu se recueillir. Mardi, retrouvailles d’une dizaine d’habitués autour de la table, après l’Eucharistie qui rassemble une quinzaine d’autres habitués, cette fois autour de Y. venu de la Paroisse Saint Joseph, nous sensibiliser à la démarche de mémorisation de l’Evangile.

Amina repasse à la Maison saint Nicolas pour que nous définissions de plus près le projet d’ateliers inter-culturels à la Maison saint Nicolas, et remplissions ensemble le formulaire d’appels à projet de l’Echevinat du culte.

On s’inquiète aussi des personnes malades de notre communauté et on se repartit les visites. Entre deux, gros entretien de printemps et …de trottoir sous le soleil et occasion de s’entretenir auprès des voisins, question de voir si la fête de samedi ne les a pas trop incommodés. Soulagement : pas de problème. Seul hic de la journée pour moi : à nouveau de la nourriture emportée par un des nôtres un peu trop friand (et mauvais gestionnaire de son minimex). Il faudra que je lui en (re)parle prochainement….Cela fait plus de 15 ans que cela dure….

 

Ce mercredi soir, réunion inter-comités de quartier (sous la houlette de Pierre) au sujet des questions de notre environnement. Comme précédemment, l’occasion de faire connaître le projet de la maison à d’autres. Jeudi, en la fête de Saint Joseph, nous accueillons avec joie 5 étudiants (handicapés mentaux- niveau secondaire) et 4 éducateurs de l’Ecole Saint Raphaël afin de faire davantage connaissance en travaillant ensemble au jardin. Pourvu que notre compte soit entretemps alimenté par Saint Joseph, pour que nous ayons entretemps de quoi acheter des bulbes et graines pour fleurir avec nos invités, notre jardin communautaire..

 

La vie de la Maison saint Nicolas, c’est un peu tout cela en ce mois de mars…

 

Ah, j’oubliais : samedi c’est nous qui allons partager la fête au Val Marie, avec les femmes marocaines, au profit …de leur mosquée !

 

Ainsi va la vie avec Saint Nicolas….

 

 

 

 

 

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